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MARCHES D’ACTIONS : DEUX ERREURS A NE PLUS COMMETTRE


Ce n’est pas parce-que l’actualité boursière reste déprimée qu’il faut baisser les bras.
Deux petits conseils, ou plutôt deux erreurs  à ne pas commettre, ou plutôt, à ne plus jamais commettre.

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PREMIERE ERREUR
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A entendre bon nombre de « spécialistes »,  Il parait que puisque les marchés actions ont  fortement corrigé, ils seraient bon marché. En fait, ils n’ont pas corrigé, ils se sont brutalement et impitoyablement reconnectés à un trend structurellement baissier depuis Juin 2007 et l’ancien plus haut de 6.168 points pour le CAC 40. N’écoutons plus ces spécialistes qui voyaient le CAC  à 10.000 points en septembre 2000 lorsque l’indice parisien enregistra son plus haut historique de 6.944 points le 04/09/2000. Ces spécialistes qui se sont obstinés depuis 18 mois à situer l’évolution du CAC 40 entre  4.500 pour les plus pessimistes et 5.500 points pour les plus optimistes. L’auteur de ces lignes parie depuis septembre-décembre 2010 sur un niveau d’indice à 2.500 points fin 2011 et au-delà, c’est-à-dire un retour sur les niveaux de mars 2003 et mars 2009 (je renvoie le lecteur à des articles  récents,  « Quel avenir pour le CAC 40 » 10/2010, et «  Marchés actions 2011: krach rampant et fin d’une certaine culture actions » 02/2011). Un prochain article confortera ces anticipations baissières à la lumière d’explications microéconomiques, macroéconomiques et extra-économiques.

En réalité, les marchés continuent à se tromper lorsqu’ils considèrent que la prime de risque des actions est suffisamment importante aujourd’hui. Ceci conduit naturellement de nombreux spécialistes de la valorisation actions à nous parler - et plus encore aujourd'hui avec la baisse des marchés - de l'attractivité des actions, car la prime de risque supportée par cette classe d'actif serait devenue colossale. Il est vrai qu'avec des taux longs d'emprunts d'état entre 2 % et 2.5 % servant à actualiser les bénéfices futurs, on ne peut que conclure naïvement à la sous-évaluation des « equities ».

Le problème, néanmoins, est de savoir quel est le taux long qu'il faut utiliser pour valoriser une action de la zone Euro en 2011 ?
Si l'on prend des taux à terme (dits « forward »), ou encore des taux à terme avec une prime de risque liée à l’aversion au risque, ou si l'on prend le taux moyen des emprunts d'état de la zone Euro, voire celui des obligations émises par les banques ou par des entreprises très cycliques, l'histoire n'est plus la même, et la sous évaluation n'est plus si évidente. D'autant que l'on n’a même pas pris en compte dans cet argumentaire les évolutions réglementaires et prudentielles qui vont décourager l'investissement en actions, et même continuer à peser sur l'offre de certaines actions, par exemple des secteurs banques et assurances compte tenu des besoins de recapitalisation attendus.

PREMIERE CONCLUSION : non décidément, et en dépit de la violente baisse constatée depuis 3 semaines, je ne suis pas sûr que les actions soient si bon marché.

 








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SECONDE ERREUR
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Comme je l’ai déjà indiqué dans d’autres articles, l'idée selon laquelle l'investissement en actions s'inscrit dans la durée, car on achète des perspectives bénéficiaires d'entreprises qui finiront bien par générer un retour sur investissement, est tout simplement devenue absurde.
Exit les conseils que l'on prodigue à tout nouvel investisseur en bourse en lui faisant comprendre que l'on finit toujours par revoir son cours !! Demandez aux investisseurs de la bulle technos-médias-télécoms ce qu'ils pensent de leurs investissements en 2000 sur Alcatel (plus haut historique de 97 € pour un cours de 2,4 € aujourd'hui), sur France Télécom (plus haut historique de 219 € pour un cours de 13 € aujourd'hui), et sur Vivendi (plus haut historique de 140 € pour un cours de 16 € aujourd'hui).

Quand les marchés se trompent sur la valorisation du modèle de croissance macro et donc sur les valorisations des entreprises phares de ce modèle, il n'y a au contraire aucune chance de revoir son cours. L'erreur des marchés au début des années 2000 a été de croire que l'économie virtuelle allait remplacer l'économie béton, industrielle et de services traditionnels. Les marchés se sont également trompés dans leur valorisation du secteur bancassurance en 2004-2006, en sous-estimant dramatiquement les risques systémiques. Subprime en 2006-2007, dettes des souverains périphériques zone Euro en 2009-2011, et peut-être demain dettes d’autres souverains non périphériques en zone Euro et hors zone Euro.

Et également en ignorant complètement les évolutions réglementaires (accélérées d'ailleurs par l'accroissement du risque systémique ), Bale 3 et Solvency 2, qui mettront sous pression le business model bancaire par exemple avec une baisse des positions de transformation, une hausse du coût de la liquidité et des fonds propres, toutes choses de nature à ralentir la progression du produit net bancaire et donc celle du résultat net courant.

 

De la même façon que les TMT Alcatel, Vivendi, France Télécom, ne reverront jamais plus leurs cours de 2000 pour cause d'erreur sur la valorisation du modèle économique de l'époque, les grandes valeurs bancaires ne retrouveront jamais plus leurs cours de 2006-2007 pour cause là aussi d'évolution du contexte économique et réglementaire dans lequel les banques sont désormais rentrées sur la période 2008-2011 et suivantes.


SECONDE  CONCLUSION : contrairement à une idée répandue, il se peut qu’un investisseur en actions ne revoit jamais ses cours …  Je connais un nombre important d’actions qui sont très vraisemblablement dans ce cas.

 

Mory Doré
Responsable Risques Financiers
Banque mutualiste régionale.

Boursovision 09 / 2011

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