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« Qu’attendre des formations au trading ? Sont-elles rentables ? Les prix sont-ils justifies ? »
De nombreuses institutions ou sites financiers proposent des formations spécifiques pour réussir sur les marchés financiers, voire des méthodes de trading. Que penser de ces formations ? Comment expliquer une telle offre pléthorique ?
C’est que la réussite en trading fait rêver. Devenir trader pour son propre compte, c’est l’assurance d’un niveau de vie relativement élevé, d’une indépendance totale dans l’organisation de son travail, de ses vacances, de sa cessation d’activité, sans supérieurs hiérarchiques, ni clients, ni employés, sans compter le privilège de pouvoir s’établir n’importe où du moment qu’existe une connexion internet.
Avec de telles caractéristiques, on comprend que le marché soit prometteur.
Et puis, même ceux qui tradent régulièrement ne sont pas tous pour autant des traders émérites. Vendre de la formation assure un complément de revenu appréciable. Cependant, un excellent trader ne pratiquera pas cette activité (ou qu’exceptionnellement), car d’une part il gagnera moins qu’en une journée de trading, et d’autre part, il ne révèlera pour rien au monde sa technique (le risque étant pour l’élève de n’apprendre que les éléments les plus visibles de la méthode, et non les plus efficaces).
Il faut distinguer ici les formations généralistes dont l’objet est de vulgariser une approche ou un ensemble d’outils, portant par exemple sur la théorie d’Elliott, l’analyse chartiste, les chandeliers japonais, dont les prix sont généralement modiques, des séminaires spécialisés commercialisant des méthodes de trading, par principe très profitables, dont les coûts d’inscription sont beaucoup plus élevés. C’est de ces derniers que traite cet article.
Mais qu’en est-il des résultats ? Beaucoup d’apprenants sont-ils devenus des traders chevronnés, preuves vivantes que l’investissement, même si couteux, en vaut la chandelle ?
Force est de constater que les témoignages de réussite sont rares sur les forums de bourse, soit que celui qui a réussi ne tient pas particulièrement à attirer l’attention, au désespoir de tous ceux que son avis sur la formation intéresse, soit tout simplement que la réussite tant attendue n’est pas au rendez-vous.
L’utilisation massive de témoignages de satisfaction de clients étant une des techniques les plus utilisées en marketing, l’absence de telles attestations valant recommandation laisse augurer que, la plupart du temps, les résultats obtenus ne sont pas ceux escomptés. |
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Mais au fait, qu'achète-t-on réellement en s’inscrivant à une formation au trading ?
Beaucoup de clients sont persuadés qu’une fois revenus à la maison, ils pourront appliquer les techniques apprises et que les résultats suivront, évidemment positifs. Et presque toujours, ils déchantent.
Pour saisir les causes de ces échecs, il faut comprendre comment s’élabore une méthode de trading.
Le débutant qui regarde un graphe intraday ne peut que constater les nombreuses opportunités de gain qui, à priori, se succèdent tout au long de la journée. Il recourt à de nombreux indicateurs ou représentations techniques pour ne rater aucune occasion, et finit par couvrir le graphe de tant d’éléments que celui-ci en devient illisible et ininterprétable. Les opérations perdantes deviennent la norme et le capital fond à vue d’oeil.
Il comprend alors qu’il est illusoire d’envisager de prendre toutes les tendances qui s’affichent. Il définit quelques règles simples constituant un raisonnement logique et construit un système pour ne saisir que les mouvements répondant aux critères qu’il s’est fixé. Généralement, les pertes diminuent, et si le système est bien pensé, il peut même devenir plus ou moins bénéficiaire. Dans une troisième phase, il affinera sa réflexion pour ne retenir que les signaux offrant les plus grandes probabilités de succès.
Une méthode de trading est donc le résultat d’une réflexion visant à sélectionner par élimination quelques configurations graphiques ou statistiques spécifiques offrant les plus grandes probabilités de réussite. Elle est constituée d’un raisonnement logique qui en est la pièce maîtresse, c’est-à-dire la clef de compréhension du système, qui conditionne un ensemble de signaux d’entrées et de sorties de trades.
Acheter une méthode de trading ne comprenant que des signaux, sans la clé nécessaire pour assimiler la logique du système, est assurément la meilleure manière de perdre son capital. Si un client acquiert une méthode suggérant d’ouvrir un trade à l’achat chaque fois que le MACD traverse à la hausse la ligne du 0, et une vente à découvert pour le même croisement à la baisse, il constatera rapidement l’inefficacité de la technique. Mais si ces signaux sont associés à la théorie des vagues d’Elliott et que ne sont sélectionnés que les seuls croisements correspondants aux vagues 3, 5 et C (la clef), il notera immédiatement une amélioration de la rentabilité. |
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Il est donc impératif de s’assurer, avant d’acheter, que la clef de compréhension est incluse dans la formation. Or il est quasiment impossible d’obtenir une réponse claire à cette question.
D’abord, il est très difficile pour un auteur de transmettre à un tiers les réflexions et expériences qu’il a vécu et qui l’ont amené à cette logique qui est le résultat d’une succession de choix. Il y a donc toujours le doute que la méthode soit mal appliquée parce que mal comprise, ou mal transmise (volontairement ou non).
Ensuite, le créateur d’une méthode qui révèle l’intégralité de la clef se prive définitivement d’un avantage comparatif. Il est certain qu’une fois divulguée, la stratégie perd de son efficacité.
On comprend que beaucoup de personnes intéressées s’interrogent pour savoir si l’intégralité de la logique sous jacente leur sera révélée (ce n’est pas toujours le cas, et beaucoup de pseudo-méthodes proposées sur le marché ne sont qu’une suite de figures techniques sensées marcher ), si la méthode est vraiment profitable (beaucoup ne le sont pas ou peu), si elle a vraiment été pratiqué (c’est fou le nombre de formateurs qui n’ont jamais gagné voire quasiment jamais tradé), ou si elle est encore utilisée par son créateur (ce n’est souvent plus le cas).
Recueillir les témoignages d’anciens participants à la formation qui aujourd’hui utilisent avec profit la méthode est donc essentiel avant de s’engager. |
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La question peut paraître saugrenue au premier abord. Mais à y regarder de plus près, elle est parfaitement fondée.
Comme indiqué au début, réussir en trading signifie un changement radical dans la vie de l’heureux élu. Le prix d’une bonne formation a donc toutes les chances d’être élevé.
Mais quels sont les gains que l’on peut espérer ?
Prenons deux exemples, un scalpeur et un trader directionnel.
Supposons un scalpeur travaillant sur les futures à 10 € le point, dont la méthode génère en moyenne 4 opérations gagnantes, 1 nulle et 1 perdante. Il réalise environ 60 trades par jour (soit 40 gagnants, 10 nuls et 10 perdants). Les jours normaux, le gain moyen par opération est de 1,5 point, et la perte de 4 points (son stop est plus loin, mais il sort avant). Les jours à forte volatilité, le gain monte à 2,5 points et la perte à 5 (là aussi, le stop est plus large). Dans un mois, il y a 10 jours normaux, durant lesquels le gain brut s’élève à 20 points (40x1,5, +10x0, -10x4, soit 200 €) et 10 jours de grande volatilité rapportant 50 points (40x2,5, +10x0, -10x5, soit 500 €). Comme il réalise beaucoup d’opérations, il a négocié un tarif de 3 € l’aller-retour, soit 3600 € de commissions par mois (60x3€x20 jours). Pour 1 contrat et 20 jours de bourse, son revenu mensuel se monte à 3400 € avant impôts et charges sociales. Mais les traders indépendants engagent beaucoup plus qu’un contrat par opération, souvent entre 5 et 10. Le revenu net mensuel est alors compris entre 17.000 et 34.000 €, soit entre 170.000 et 340.000 € annuel pour 10 mois d’activité.
Prenons maintenant le cas d’un trader directionnel, qui réalise 3 trades par jour sur des futures, 2 gagnant chacun 10 points, et 1 perdant de 5 points. Son gain journalier est donc de 15 points, soit 150 €, c’est-à-dire 3000 € brut par mois. A raison de 6 € par trade, les commissions ponctionnent 360 €. Le revenu net de commissions s’élève à 2640 €, avant impôts et charges. Là aussi, les traders indépendants travaillent avec plus de contrats, mais reprenons 5 à 10. Soit un montant de recettes mensuelles comprises entre 13.200 et 26.400 €, c’est-à-dire 132.000 et 264.000 € à l’année.
Ces exemples sont-ils extravagants ? Pas du tout, et beaucoup de traders les confirmeront. Sans faire de ceux-ci des millionnaires, ces revenus permettent de vivre dans une aisance certaine. On comprend l’engouement que suscite ce statut.
Quelle n’est pas la surprise de constater que les méthodes de trading proposées sur le marché affichent des prix compris entre 1000 et 3000 € ! On pourrait s’attendre à des prix atteignant un an de revenu, voire plus !
A ces tarifs, ce sont indéniablement des affaires exceptionnelles sur lesquelles devraient se ruer tous les amateurs en quête de réussite boursière.
Ces formations devraient faire le plein des mois à l’avance. Elles devraient être l’objet de toutes les conversations sur les forums. Les témoignages de satisfaction devraient être légion.
Or ce n’est pas le cas.
Quelle en est la raison ?
C’est que l’on aborde un thème totalement passé sous silence par tous les formateurs, en l’occurrence le degré de subjectivité inhérent à la méthode proposée. |
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Deux personnes regardant le même graphe procéderont très souvent à des analyses différentes et en déduiront des opérations distinctes. Et même si elles ont connaissance de la même clef d’analyse, il y a encore des chances que les trades ne soient pas exactement identiques. Ouvrir un trade, c’est se jeter à l’eau, et un individu peut être plus prudent ou plus hésitant qu’un autre, ou plus « logique », ou plus « visuel », d’où des entrées et sorties inégales.
Une méthode « subjective » repose sur une analyse plus ou moins approfondie laissant une large marge de manœuvre à l’interprétation personnelle, générant des opérations relativement distinctes selon les caractéristiques des individus, et donc plus ou moins profitables. L’enseignant peut très bien appliquer la méthode avec succès, et la plupart des élèves ne pas y arriver. Elle n’est ni aisément ni parfaitement reproductible. On trouve dans cette catégorie les méthodes basées sur les vagues d’Elliott, sur des figures chartistes, sur les chandeliers japonais, sur la force relative, etc…
Une méthode « objective » implique au contraire des règles très strictes laissant peu de place à l’initiative personnelle et produisant des signaux précis (comme le croisement de deux indicateurs), un peu comme le ferait un système de trading automatique. A la différence de la première, elle est facilement reproductible, et généralement très rémunératrice. Ces méthodes se fondent souvent sur la détection de configurations bien spécifiques, peu nombreuses, mais à l’origine de trades à forte probabilité de réussite.
Ce sont quasi uniquement les méthodes de trading appartenant au premier groupe que l’on trouve sur le marché. Les formateurs savent que le succès de l’apprenant n’est pas assuré, ce qui les empêche d’afficher des prix trop élevés, en tout cas sans rapport avec les gains que devrait théoriquement rapporter la méthode. Et les clients qui s’inscrivent sont loin d’être convaincus des lendemains heureux, même s’ils les espèrent secrètement.
Les tarifs pratiqués sont donc très subjectifs, puisqu’ils sont très abordables pour ceux qui parviennent à assimiler et à pratiquer ces stratégies à leur avantage (mais ils sont peu nombreux), ou horriblement chers pour la majorité qui n’arrivent pas à les rentabiliser.
Quant aux méthodes « objectives », elles sont le fruit d’un long travail de recherche ce qui justifie que les auteurs ne cherchent ni à les divulguer, ni à les partager. Compte tenu de leur rentabilité élevée, leurs prix seraient d’ailleurs inabordables pour des particuliers. |
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Alors, du fait que seules des méthodes « subjectives » sont commercialisées, est-il intéressant d’en faire l’acquisition ?
Les forums boursiers regorgent de messages de personnes qui ont le sentiment d’avoir jeté par les fenêtres une bonne partie de leur argent en formation pour des résultats très maigres. C’est quelquefois un peu exagéré, mais cela prouve combien les questions abordées précédemment sont importantes avant de se lancer.
Il est indéniable que beaucoup de clients étaient persuadés d’acquérir une méthode de trading clef en main, quasi prête à l’emploi immédiatement, et ont été déçus.
En fait, ces formations nécessitent au préalable une bonne connaissance de l’analyse technique et si possible, d’avoir déjà engagé une réflexion personnelle pour élaborer sa propre méthode. C’est ce qui permet au participant de comprendre non seulement les aspects techniques, mais aussi (et peut-être surtout) la démarche intellectuelle du concepteur, par élimination et itérations successives. Sans un tel bagage, la dépense a de fortes chances d’être quasi inutile. C’est pourquoi les plaintes de nombreux débutants sont probablement justifiées.
A contrario, ce peut-être un investissement très enrichissant pour ceux qui construisent leur propre stratégie, si le thème abordé vient compléter leur démarche. A titre d’exemple, la connaissance des techniques de scalping sur la base du carnet d’ordres est réellement un avantage pour les traders pratiquant le trading directionnel sur les futures, d’autant plus s’ils peuvent faire le lien avec leur propre technique et y intégrer certains outils.
Comme on peut le constater, il ne peut y avoir d’avis tranché sur cette question tant cela dépend de la méthode de trading concernée, de la préférence du client en matière de type de trading (scalping, trading directionnel), de ses connaissances et compétences en analyse technique.
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Octobre 2010
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Cependant, tous les clients potentiels devraient se poser la question essentielle avant de s’inscrire, à savoir « quel est l’intérêt de vendre une méthode de trading qui marche alors que l’on peut gagner 100 fois plus en l’appliquant ? ».
De plus, trois conditions devraient être systématiquement proposées.
D’une part, l’achat de la méthode doit inclure quelques jours de trading en réel du formateur en présence des apprenants pour s’assurer que la logique interne du système est bien cédée avec les signaux techniques (deux ou trois jours au minimum), que la technique est profitable (attention aux explications fournies concernant les opérations ratées, aux résultats journaliers négatifs), et réellement utilisée par le concepteur (qui a priori est l’instructeur, et doit vivre de son trading et non de ses formations).
D’autre part, des témoignages d’anciens élèves doivent apporter des éclaircissements sur la qualité de la technique cédée et sur le sérieux du formateur. Aucune inscription ne devrait être prise sans un minimum de recommandations.
Enfin, l’enseignant doit s’engager à assurer un suivi pendant quelques semaines, le temps que les élèves prennent de l’assurance et volent de leurs propres ailes.
Boursovision espère que ces réflexions seront utiles à ceux qui souhaitent s’investir davantage sur les marchés financiers et réfléchissent à l’achat d’une méthode de trading comme succédané à de nombreuses années de recherches personnelles, pas toujours couronnées de succès.
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