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MARCHES ACTIONS 2011: KRACK RAMPANT ET FIN D’UNE CERTAINE CULTURE ACTIONS ? Par Mory Doré La remontée récente des marchés actions est assez artificielle et repose sur des éléments fragiles. Les facteurs baissiers structurels persistent : évolutions prudentielles, risques systémiques et retour de vraies anticipations d’inflation à long terme, notamment aux Etats Unis. Je reste très pessimiste sur les marchés actions et l’objectif de 2500 points pour le CAC 40 courant 2011 reste d’actualité à mes yeux. Les moteurs de la hausse récente tant aux Etats Unis qu’en Europe ne sont pas sains (ceci étant, tant mieux pour ceux qui auront su prendre cette hausse). Ces facteurs de hausse ne sont pas durables. |
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Qu’on en juge. En voici quatre. 1/ La politique économique américaine est suicidaire En matière monétaire, nous avons le Quantitative Easing US (émission de dollars sans contrepartie) et l’abondance de liquidités. L’agressivité de cette politique économique avec une politique budgétaire expansionniste est sans précédent, sans oublier le change quand les autorités monétaires peuvent le manipuler avec la complaisance bienveillante des autorités politiques, comme ce fut le cas entre le 10 août et le 02 novembre 2010. En d'autres termes cette politique économique conduit le système économique et financier international tout droit dans le mur. La plupart des économistes ne semble pas s’alarmer d’une politique économique aussi déséquilibrante que non coopérative et surtout inefficace à terme pour la croissance. Parions que tout le monde écrira dans quelques trimestres que les autorités monétaires et politiques US étaient inconscientes. Nous préférons pour notre part l’écrire aujourd’hui et en tirer les conséquences en termes de paris de marché (baisse des actions, hausse des anticipations inflationnistes, baisse du dollar contre toutes les devises sauf l’euro). |
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2/ Un engouement pour les actions dû à l'attractivité des dividendes distribués. Désolé, mais une action n'est pas une obligation et si vous achetez l'action juste pour son rendement, c'est un peu la mort de la culture actions. Et puis d’ailleurs, une entreprise qui distribue des dividendes trop généreux est une entreprise sans projet viable de croissance organique ou externe. C’est une entreprise plus préoccupée par l’affichage de ratios de rentabilité du capital que par un véritable développement durable dans tous les sens du terme.
3/ Un regain de situations spéciales et de fusions acquisitions transfrontalières dans de nombreux secteurs. Cet engouement pour les actions est également dû au fait que le monde est en ébullition avec le regain de situations spéciales et de fusions acquisitions transfrontalières dans de nombreux secteurs. Quand bien même certaines cibles opéables présenteraient un potentiel d'appréciation (et on ne doit pas s'en priver), cela n'est pas suffisant pour créer une dynamique structurellement haussière sur les indices boursiers. 4/ Les actions sont supposées présenter des valorisations attractives. J'entends et lis à longueur de journée que les actions présentent des valorisations attractives (le genre de raccourci simpliste qui me fait bondir) parce que les taux longs qui servent à actualiser les bénéfices futurs sont historiquement bas. Heureusement que la naïveté et la crédulité ne tuent pas. De quels taux longs parle-t-on ? Et à vrai dire quel est le bon proxy de taux long pour valoriser une action de la zone Euro en 2010 ? |
Doit-on faire référence au Bund 10 ans (qui n'est même pas un taux sans risque et qui ne l'a jamais été)? Au taux moyen des emprunts d'état de la zone euro? Au CMS 10 ans? Au taux 10 ans Corporate BBB? Au taux à 10 ans de la dette bancaire senior ou à celui de la dette bancaire subordonnée? Mieux, faut-il se contenter de prendre des taux longs spot (observables sur les marchés au comptant), ou des taux à terme (dits « forward »), ou encore des taux à terme avec une prime de risque liée à l’aversion au risque ? |
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De même, il ne faut pas hésiter à s'intéresser aux décotes injustifiées surtout lorsque certaines valeurs réussissent le tour de force d'être à la fois des valeurs de croissance et de rendement.
Malgré tout cela, et c'est sans doute l'expérience et l'observation des marchés depuis un certain temps qui parlent, on assiste à une certaine mort de la vraie culture actions. Encore une fois, cela n'interdit pas de surveiller comme le lait sur le feu des situations spéciales sur le marché equity ( il y en aura de toute façon toujours: OPA, décotes, niches, pricing power, innovation...). Mort d'une certaine culture actions avec l'obligation de vendre ou à tout le moins de moins acheter ou de sous pondérer pour différentes raisons (réglementation, démographie...).
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Boursovision 02 / 2011 |
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